Notre bilan 

 

Parution 11.04.2016 - Lettre 67

Les logiciels de détection de similarités sont indispensables pour évider la fraude massive qui se produit dans des univers non contrôlés. En aucun cas ils ne prétendent éradiquer le problème en détectant tous les cas de plagiat, même s'ils progressent au même rythme que les astuces des plagieurs.

Le tableau ci-dessous résume les 15 cas que nous avons examinés au cours des six derniers mois de 2015 et l’utilité relative des logiciels de détection de similarités. 

Pour 50% des 15 cas analysés, les logiciels de détection de similarités sont insuffisants ou inopérants.

Cas et      discipline

Utilité relative
des outils

Commentaires

Cas 1 :

Médecine    

A permis de détecter le plagiat et de le prouver Le logiciel a détecté un % de plagiat conséquent puisqu'il y avait essentiellement du plagiat verbatim de l'anglais en anglais.

Cas 2 :

Droit

A permis de prouver le plagiat Le logiciel a détecté un % de plagiat conséquent puisque le procédé plagiaire consiste en plagiat verbatim fréquent dans une même langue, le français.

Cas 3 :

Histoire

A permis de détecter le plagiat Le logiciel a détecté un % de plagiat conséquent puisqu'il y avait essentiellement du plagiat verbatim de l'anglais en anglais. Mais le grand nombre de sources et l’étalement dans le temps de tous les écrits litigieux rendent la tâche d’examen très lourde, même avec le support des logiciels

Cas 4 :

Informatique
A permis de détecter le plagiat Le logiciel a détecté un % de plagiat conséquent puisqu'il y avait essentiellement "plagiat verbatim". Néanmoins, les tableaux et graphiques plagiés n'ont pas été détectés par le logiciel. 
Cas 5 :

Histoire

A permis de détecter le plagiat Le logiciel a détecté un % de plagiat sur une autre source, qui était citée mais de manière incorrecte. L’analyse « mécanique » d’un expert de la discipline a permis de découvrir d’autres fraudes (invention de données, terrain faussé, etc.) 
Cas 6 :

Droit

 A permis de détecter le plagiat Le logiciel a détecté des sources de plagiat, mais l’analyse a dû être conduite « mécaniquement » par un expert de la discipline, car la paraphrase dominait et plusieurs auteurs sources étaient utilisés. 

Cas 7 :

Management
Utilisation de deux logiciels qui ont détecté un certain nombre de plagiats  Le résultat donné par les logiciels a néanmoins dû être affiné : une analyse par un spécialiste a été nécessaire afin d'étoffer le corpus de textes plagiés. Certains des passages plagiés sont coupés par quelques phrases ou ne figurent pas dans le même ordre dans la thèse et dans l'article d'origine. Néanmoins, il s'agit essentiellement de plagiat verbatim. 
Cas 8 :

Économie

L'analyse par deux logiciels n'a pas donné de résultats probants : très faible taux de similitudes

 
Procédé plagiaire: citation des sources de manière ambiguë pour créer une confusion entre ce qui relève de son propre texte et ce qui relève des recherches des auteurs sources. Ce mode opératoire associé à l’utilisation de ponctuels masquages (utilisation de synonymes/ paraphrases/ changement de temps des verbes) est difficilement détectable par les logiciels. 

Cas 9 :

Géologie

 
Le logiciel a donné des résultats peu concluants 

Le plagiat consiste en la traduction de documents, de camouflages de figures et de tableaux qui sont non détectables par un logiciel de détection de similarités.

 

Cas 10 :

Sociologie

Le logiciel a donné des résultats peu concluants  Procédé plagiaire: reprise des idées d’autrui et paraphrases, mais essentiellement autoplagiat. 
Cas 11 :

Anthropologie

 Logiciel inopérant  Traduction et/ou paraphrase d'un texte de langue française en langue anglaise : procédé non détectable par un logiciel.
Cas 12 :

Lettres

Logiciel inopérant  Les ouvrages et articles plagiés ne sont pas accessibles sur Internet ou le sont par un service payant. Le logiciel ne donne pas de résultat dans ce cas de figure. 
Cas 13 :

Finances

Logiciel inopérant 

Procédé plagiaire: traduction du français en anglais d'une partie de la thèse /copier-coller pour certains tableaux et manipulation, changement de résultats pour d'autres.

Le logiciel n'est pas efficient lorsqu'il y a plagiat par traduction ou plagiat par copiage de tableaux. 
Cas 14 :

Anthropologie

 Logiciel inopérant Procédé plagiaire : traduction du français en anglais/ plagiat verbatim et paraphrase. Ces procédés, hormis le plagiat verbatim, ne sont pas détectés par les logiciels de détection des similarités. 
Cas 15 :

Géographie

 Logiciel inopérant Procédé plagiaire : manipulation de cartes et de tableaux et modifications de photos. Ces éléments ne sont pas pris en compte pas les logiciels.